mercredi 12 septembre 2018

Escalade - Traversée de la dent du loup - Belledonne


Quand le téléphone vibre pour m'annoncer une sortie montagne, l'excitation me gagne assez vite en général. Je remercie Julien qui m'accorde sa confiance quand je le tiens du bout de ma corde.

Cette fois , l'altitude nous mène sur les contreforts du Lac Crozet. La marche d'approche au départ de Freydière me ramène quelques mois en arrière et ce mémorable bivouac avec Sophie.


Baudrier installé, corde dénouée , quincaillerie vérifiée et revérifiée plusieurs fois. L'environnement minéral impose sa rudesse. Je découvre rapidement les dangers que représente ce massif et les chutes de pierre. Julien progresse et moi , j'observe. Mon cerveau reste embrumé par la fatigue du trail de la veille au soir et de la courte nuit qui s'en est suivie.

Signe de progression , je n'ai pas particulièrement peur de la hauteur. Cette arête est plutôt verticale. Le premier rappel apporte son côté ludique. Ludique oui, jusqu'au moment où le descendeur a la bonne idée de se débiner dans le vide. A chaque cliquetis, je soupire un merde. Il est vraiment au bas du couloir. La suite de la course se voit modifier. Julien descend le chercher au risque de se prendre une pierre sur la tête. Le couloir est à risque et je ne dois absolument pas bouger les pieds.  L'incident est réparé mais fut couteux en temps.

Plus loin, on se régale du profil dentelé de l'arête, se mettre debout sur le fil du rasoir demande une grande confiance. On sortira finalement de la traversée avant l'ascension des "jumelles".

1000m + entre la marche et la grimpe. Merci Juju.






samedi 11 août 2018

Chemin de Stevenson - Etape 2

La journée de la veille a mis à rude épreuve nos organismes
180km et 3800m+ de surchauffe pour moi et 220km pour Sylvain et Paul.


Les jambes répondent mieux en ce dimanche. Grand moment du périple que cette descente des gorges du Tarn. S'ensuit une remontée en température et en altitude jusqu'au Mont Aigoual sous le regard curieux des Vautours. Au sommet, une magnifique vue panoramique. La redescente sinueuse dans l'arrière pays gardois s'accompagne d'une acclimatation plus que douloureuse. 40° affiché au compteur au moment de gravir l'ultime col de l'Asclier.

180km encore et 3600m+ à la louche et 22 nouveaux cols dans la besace.












Chemin de Stevenson étape 1

Les habitudes sont faites pour être changées. C'est en farfouillant dans ma caisse  que je suis tombé sur la carte de l'Ardèche et de la Lozère. L'exercice débute comme souvent par un collage de gomettes sur les lieux à voir, un savoureux mélange de cols, de Stevenson, de gorges et de lacs .  Il ne restait alors plus qu'à relier le tout par  un fil. Convaincre les copains ne fut pas très difficile. 
Yssingeaux- Florac pour entame


- Hauts plateaux de la Loire
- Mont Mezenc
- Mont Gerbier 
- route des crêtes
- gorges et lac de Villefort
- Mont Lozère
- Florac

Une multitude de cols franchit dont certains ne semblent pas respecter les règles géographiques. Serait-ce une frénésie ardéchoise pour attirer le cycliste ? 
Les noms : col du pendu ou col de la femme morte. Bucoliques !











mercredi 8 août 2018

Eloge du sauvage - col de Solude

Entendu dans la rue piétonne de Bourg d'Oisans lundi dernier:
- Devine où je roule?
- Facile, Alpe d'huez
- Non
- Facile  , Glandon et Cx de fer.
- non
- Ornon, Vaujany, Sarenne, Deux Alpes
- perdu, perdu, perdu , perdu
...

Il est des incontournables qui ne se contournent pas et qui virent même au pélerinage. Mais parfois, les yeux se détournent de la route jaune et se pose sur le lacet blanc, celui qui ressemble à une erreur du cartographe et qui se perd nulle part. Ce nulle part devient un hameau, Villard notre Dame.
Je découvre alors une nouvelle ruelle qui mène à ce panneau "Ami cycliste, 4 tunnels non éclairés".
S'ensuit une montée large comme une seule voiture, accrochée à la falaise, taillée à la force des pioches. Les 300m de ce premier tunnel m'enveloppent dans une obscurité totale. Je vise le minuscule point lumineux  et prie pour que les ouvriers n'aient pas oublié de nid-de-poule. Les pourcentages fleurtent avec le 10%. Je longe la vallée de la Romanche par le dessus, seul, étrangement seul pour la région, pour la Mecque du 2 roues. Les lacets se détachent alors et me bercent à l'ombre bienveillante des arbres.

Le lieu-dit du "creux" s'annonce. 7km de grimpette pour traverser le creux qui n'en a pas vraiment l'aspect et bientôt Villard arrive, un havre de paradis présenté par cette pancarte scellée sur le fronton de la ferme. A peine une voiture et quelques fermes. Heureux comme cet homme plongé dans son journal, heureuse comme cette jeune fille devant ses croissants la vue pour elle ou ce couple révellé par les arômes de leur café.

Sauvage ... au délà de ce panneau, la route n'est plus entretenue.

Sauvage ... l'herbe pousse au milieu de la chaussée d'une nature qui reprend toujours ses droits.

Sauvage ... ces dizaines de marmottes décampent à mon passage.

Sauvage ... Et cette vue qui s'ouvre sur la Meije, les Ecrins et plus loin encore.

Sauvage... la piste, les graviers et ce col de Solude.

Sauvage ... même la route est ridée, marquée par les aléas du temps, la rudesse de l'hiver. Ce n'est pas cet emplâtre de goudron qui l'embellira. Non cette route ressemble à ses habitants.

Sauvage ... Comme ce face à face avec les deux renards qui s'ébattent au milieu de mon chemin. Je me rappellerais longtemps de son regard intrigué au travers du buisson.

Sauvage ... Et ce piège de cendre sous mes roues, et ces griffes d'ardoise qui manquent de m'aggriper.

Peu de km au final mais qu'il est bon de flaner, de poser ses pneus ailleurs.








mardi 10 juillet 2018

Alpinisme - Arête du Roc des Boeufs - massif des Bauges

Deux ans que je grimpe en salle, que j'apprends les manip' et que je m'équipe. C'est pour vivre des moments comme ça. Alors un grand merci à Julien pour m'avoir emmener là haut. Une longue journée perché dans les airs, au milieu des vautours, une journée perché sur la roche, à appréhender chaque mouvement. Les sens totalement à l’affût de chaque sensation. J'attends avec impatience la prochaine ! Bravo aussi à Eryn, si jeune et déjà courageuse ! 









Bivouac en belledonne

C'est avec un retard non prévu que je livre cette expérience à chaque fois régénérante et apaisante. Un faux départ après 5 min de route, je suis trop épuisé pour y aller. Nous rentrons donc aussi tôt.
C'est à 17h que la motivation surpasse l'épuisement.
19h, nous enfilons les sacs sur le dos au hameau de Freydière en Belledonne. La destination n'est pas nouvelle mais c'est un classique du bivouac, le lac Crozet. La rando est courte mais raide. Le sac se charge de branches et brindilles dans l'esprit folk-wild. Les pas s'enfoncent dans la neige où s'amusent les chamois. Le lac apparaît enfin , rempli de glace, digne des lagunes glaciaires islandaises.
Notre unique voisin de bivouac nous vient en aide pour démarrer le feu. La flamme vacille et nous hypnotise. La nuit est douce sous le lampadaire de la pleine lune. Les batteries sont regonflées à bloc. Au matin, le café voit sa saveur décuplée.