Deux ans que je grimpe en salle, que j'apprends les manip' et que je m'équipe. C'est pour vivre des moments comme ça. Alors un grand merci à Julien pour m'avoir emmener là haut. Une longue journée perché dans les airs, au milieu des vautours, une journée perché sur la roche, à appréhender chaque mouvement. Les sens totalement à l’affût de chaque sensation. J'attends avec impatience la prochaine ! Bravo aussi à Eryn, si jeune et déjà courageuse !
mardi 10 juillet 2018
Bivouac en belledonne
C'est avec un retard non prévu que je livre cette expérience à chaque fois régénérante et apaisante. Un faux départ après 5 min de route, je suis trop épuisé pour y aller. Nous rentrons donc aussi tôt.
C'est à 17h que la motivation surpasse l'épuisement.
19h, nous enfilons les sacs sur le dos au hameau de Freydière en Belledonne. La destination n'est pas nouvelle mais c'est un classique du bivouac, le lac Crozet. La rando est courte mais raide. Le sac se charge de branches et brindilles dans l'esprit folk-wild. Les pas s'enfoncent dans la neige où s'amusent les chamois. Le lac apparaît enfin , rempli de glace, digne des lagunes glaciaires islandaises.
Notre unique voisin de bivouac nous vient en aide pour démarrer le feu. La flamme vacille et nous hypnotise. La nuit est douce sous le lampadaire de la pleine lune. Les batteries sont regonflées à bloc. Au matin, le café voit sa saveur décuplée.
C'est à 17h que la motivation surpasse l'épuisement.
19h, nous enfilons les sacs sur le dos au hameau de Freydière en Belledonne. La destination n'est pas nouvelle mais c'est un classique du bivouac, le lac Crozet. La rando est courte mais raide. Le sac se charge de branches et brindilles dans l'esprit folk-wild. Les pas s'enfoncent dans la neige où s'amusent les chamois. Le lac apparaît enfin , rempli de glace, digne des lagunes glaciaires islandaises.
Notre unique voisin de bivouac nous vient en aide pour démarrer le feu. La flamme vacille et nous hypnotise. La nuit est douce sous le lampadaire de la pleine lune. Les batteries sont regonflées à bloc. Au matin, le café voit sa saveur décuplée.
vendredi 25 mai 2018
Etape du tour en Aravis
mercredi 2 mai 2018
Tour de Provence - Grasse - Aix (étape 3)
Le petit déjeuner avec vue sur le littoral annonce une belle journée printanière. Pour la première fois du périple, nous croisons des cohortes de voiture et sommes bien contents d'être en vélo. Le passage à Fayence change le décor. Nous entrons dans l'arrière-pays varois où les villages suspendus se succèdent, cramponnés aux falaises. La tranquillité est de retour. Le soleil s'impose enfin.Philippe Delerm écrivait "première gorgée de bière et autres petits plaisirs". Ainsi pendant de nombreux km , nous partons à la recherche des nôtres. La place de Bargemon, son platane, sa fontaine et ses pavés nous régale de son expresso, premier petit plaisir, auquel on ajoutera les senteurs de bois coupés, les viennoiseries du samedi matin, des batailles de guili avec les enfants ...
Aujourd'hui, et c'est tant mieux, ...
Le droit cheminÀ chaque kilomètre chaque année des vieillards au front borné indiquent aux enfants la route d'un geste de ciment armé -Jacques Prévert- |
Les forêts de chêne liège s'étendent à perte de vue, transpercées par un serpent ondulé de bitume. Rians approche et notre éternelle interrogation pointe le bout de son nez: Fromage blanc ou non ? Mes dernières forces restent là, quelque part dans le fossé, les jambes transformées en ce fameux fromage. Nous sommes si proche du but mais la sainte Victoire se cache encore. Le col de portes apparaît alors bien plus dur. Bizarrement, dès le sommet , une excitation se diffuse entre les pieds de romarin. On en viendrait presque à se mettre des mines" pour remporter l'étape mais il faut respecter les consignes du manager: l'étape à Sylvain, notre rouleur du jour. Je laisse le soin à la topologie de clore l'aventure : Sainte Victoire au col de Claps.
La fatigue et les douleurs s'évaporent subitement pour ne laisser place qu'aux "petits plaisirs" vécus ensemble. Penser aux moments présents et ne pas se projeter dans l'aventure suivante. Le tri des photos et l'écriture du récit prolongeront un temps la légèreté ressentie... malgré les charges de 4kg d'appareil photo. A la prochaine, merci à Thérèse et Pascale pour l'accueil, à nos familles et à Sylvain. On ne compte plus les km parcourus roue dans roue et les prochains qui attendent.
mercredi 25 avril 2018
Tour de Provence - étape 2
En ce dimanche matin encore endormi, nous délaissons ce cadre reposant et bucolique. Une longue ascension s'étend devant nous sur une bonne quinzaine de km. Les sommets enneigés se réflètent sur le lac aux eaux turquoises. De sévères pourcentages se chargent de réveiller les derniers muscles raidis par la bambée de la veille. Les bas-côtés s'épaississent de neige, si bien qu'au sommet du col de saint Barnabé apparaissent des traces de skieurs, altitude 1400m.
J'avais rêvé de photo de route blanchie, le voyage l'a fait . La descente dans la vallée suivante abaisse violemment une température déjà suffisamment basse. Nous entrons dans une glacière géante, le thermomètre frôle le zéro. Nous portons l'intégralité de nos affaires et je bénis Sylvain qui transporte sa maison sur son dos et qui m'offre des gants salvateurs. A cet instant du périple, notre instinct de survie est en alerte, un seul objectif: s'extirper au plus vite de là. Nous changeons de parcours, et cherchons un PMU que nous ne trouverons jamais dans ce désert humain. 20km sans croiser une seule voiture. L'escalade du col de Bleine nous sort de ce calvaire et Gréoulière nous offre l'hospitalité. Nous assistons alors à une scène de théâtre provençal sur la place au platane. 3 personnes attablées en cette heure d'apéritif que viendront grossir l'artisan, le vieux et son chien, la dame tirée aux quatre épingles. Tout le monde se connait dans ce patelin.La panse pleine de lasagne et nous nous élevons vers le célèbre col de Vence au milieu d'un décor minéral. Les cailloux s'étalent à perte de vue. Changement de paysage, les fragances nous parviennent à mesure que Grasse se rapproche. Sylvain est terrassé par la fringale et la fatigue. Nous grimpons sur un plateau sauvage, chèvreries et bergeries abandonnées veillaient jadis sur ces pâturages. 1200m d'altitude si proche de la mer. Cette étape montagnarde de 6 cols se termine comme il se doit avec bière et noix de cajou en terrasse. Le rue principale de Grasse remplit toutes nos attentes en architecture azuréenne, allée de palmiers et façades méditerranéennes aux couleurs chaudes.
La nuit est bienvenue.
dimanche 22 avril 2018
Tour de Provence , Aix-Castellane
" On se voûte au dessus d'elle (la carte), les articulations écrasées contre la dureté du sol. A genoux face au support des mondes, on plonge dans les courbes topologiques, les noms fantaisistes et les promesses de domaines où nous ne serons que des passants. "
Des heures ainsi à coller des post-it, à tracer, calculer, affiner la ligne, la vraie, celle qui nous guidera, celle qui nous ressemble. Se mélangent les points sublimes, les cols, les villages, les lignes de crêtes, les lacets, les gorges, et les étapes. Un savant cocktail qui ne manquera toutefois de surprise et d'enchantement.
Les premiers km indiquent clairement que la performance ne sera pas invitée à l'aventure. 7-8kg de bagage sous la selle pour moi et un bon 10kg sur le dos de Sylvain. Bien oui, une belle aventure se partage, encore mieux si les envies sont les mêmes.
Ce troupeau de moutons qui avance paisiblement sur la route du col des portes sous la Sainte Victoire apparait comme un préambule à ce que nous réserve la Provence. De même que cette voiture remplie de Bonne Soeur aux allures de 7e compagnie. Le décor est planté. Cabane en ruine, champs de caillasse, forêt de chêne liège jalonnent les bords de notre ligne. Au loin, les sommets enneigés, ce seront notre boussole. Nous traversons les villages dans la bonne humeur, longtemps bercés par cette interrogation : "Tu crois que c'est ici que l'on fabrique les fromages blancs ? " en parlant de Rians. Nous n'aurons jamais notre réponse.
Nous étions venus aussi pour rechercher cette belle place du village cernée de platanes, de troquets et de Marius, César et Fanny. Rien d'original car c'est comme ça partout. Le ventre rempli, nous nous élevons sur le lac de Sainte-Croix. D'ordinaire frénétique, c'est dans la quiétude que nous le longeons. De rares bateaux naviguent les gorges du Verdon. Le pays de la verticalité se dresse devant nous, des semblants d'Edlinger gravissent les parois tandis qu'en bas, la rivière serpentent, si petite.
Une rencontre si brève mais si marquante se produit:
" - Bonjour, ca va ?
- oui
- Australia (avec un accent étranger).
- good luck ! "
Evidemment avec d'aussi grosses sacoches et un panneau Alaska-Argentina 13-14-15, il ne pouvait en être autant. Cette rencontre coupa court à nos futures protestations, douleurs, fatigue. Ne nous plaignons pas. Au dessus de nos têtes volent des dizaines de faucons, avares en effort, si majestueux.
Castellane siffle la fin de notre premier jour. 140km en 6h30, couscous et bières belges , mariage incongru mais si réconfortant, auquel on rajoutera la gentillesse de Pascale et son mari, nos hôtes du jour.
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